jeudi 19 février 2009
L'inde après l'Afrique du Sud - Une révélation du Concept
Le spectacle Bollywood de Paris, Barhati a beaucoup de choses pour nous effrayer. Les règles du Bollywood ne sont pas forcément pour nous plaire (sauf évidemment à Patrick ou à Sylvain, mais c'est une autre histoire) : kitsch à 200%, chant du chat qu'on égorge (reconnaissons qu'au départ ça ressemble carrément à une atrocité sur félin des villes), méga costumes, amours contrariées, père méchant et amoureux adolescents transis.
Bref c'est pas gagné.
Mais là c'est gagné. Et pourtant le spectacle a des trucs que je n'aime pas a priori : des décors sirupeux et un écran "illustratifs" visant à nous faire "voyager" ; quelques éléments de scénographies carton pâte ; et puis bien sur cette musique, cette histoire téléphonée, ces jeunes premiers. Et la magie opère. Et la magie opère par une vraie humilité par rapport au concept même de tournée internationale avec un spectacle très calibré. C'est calibré mais pas pédant (à la différence de ce que fait Ouali), c'est riche mais pas tape à l'œil, c'est superficiel mais pas inutile. Et puis on se fait à la musique, aux voix ; les couleurs sont merveilleuses, les chorégraphies au cordeau (et ils sont au moins aussi nombreux que dans Cléo).
Ce spectacle qui parle d'Inde, après celui vu en Novembre sur l'Afrique du Sud, finissent de me convaincre : il n'y a pas encore de spectacle à tournée internationale sur HAÏTI. A la fois léger, fort, coloré à l'âme d'Haïti ; fort sur l'histoire et la douleur, mais intéressant, drôle et "entertainment" pour qui n'est pas directement concerné. Arrêter de faire compatissant ; arrêter de croire que le monde est centré sur l'ile. Au contraire : avoir en tête qu'il faut être ouvert et accueillant.
Ces spectacle font du bien : du bien à ceux qui les font car ils sont vus et peuvent tourner dans le monde entier ; du bien à ceux que les voient car c'est réussi, beau, dépaysant et on en ressort avec les pieds qui battent la mesure et les yeux impressionnés ; du bien enfin pour le pays concerné car il fait battre les cœurs de milliers de personnes, l'espace du spectacle à son rythme, avec ses problématiques, ses atouts, ses douleurs. Mieux qu'un reportage de France 4 assurément
Je veux faire un tel spectacle. Il faut le faire écrire. Puis le monter.
Au boulot...
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